Quel a été votre parcours professionnel avant de vous lancer dans l’entrepreneuriat ?
Au départ, j’ai travaillé dans un bureau d’études, comme dessinateur industriel dans la tuyauterie. Mais ce métier ne me correspondait pas vraiment. J’ai rapidement compris que ce qui me faisait vibrer, c’était la création.
Je me suis donc formé en tant que webmaster, puis j’ai travaillé pendant plusieurs années dans le secteur de l’imprimerie, notamment en tant qu’assistant chef d’atelier. Ça m’a permis d’acquérir une bonne connaissance globale de la communication, de l’impression et de la personnalisation.
En 2019, après une rupture conventionnelle, j’ai décidé de me lancer à mon compte. Au début, je voulais surtout développer une activité autour du textile personnalisé et de l’univers urbain, qui est aussi une passion personnelle : j’adore les t-shirts, j’en ai une énorme collection chez moi !
Pourquoi avoir choisi d’entreprendre ?
J’avais envie de créer quelque chose à mon image, de proposer mes propres idées et de construire un projet sur le long terme. L’entrepreneuriat s’est imposé assez naturellement : j’avais déjà des compétences solides dans le web, la communication, et un vrai intérêt pour la personnalisation.
Et surtout, dès le début, j’ai eu beaucoup de retombées. Mon activité a rapidement pris, ce qui m’a conforté dans l’idée que je faisais le bon choix.
Quel est votre cœur de métier ?
Le textile sportif, clairement. C’est vraiment mon cœur de métier. Je travaille principalement avec des clubs sportifs et des entreprises du territoire.
Je réalise par exemple les tenues et produits dérivés pour le Istres Sport Basket Club, le Basket Club Entressen, le club de handball de Mallemort…et d’autres encore ! Je fais des maillots, des t-shirts, mais aussi des produits dérivés : gourdes, gobelets, accessoires, etc.
Je travaille également avec certaines structures et entreprises, comme la Casa d’Entressen (tenues de travail) ou encore la base aérienne de Salon-de-Provence (pins, mugs…).

Quelles techniques de personnalisation utilisez-vous ?
Je propose plusieurs techniques, selon les besoins des clients :
La première technique est la broderie. J’ai une machine professionnelle, très performante : je la considère comme la “Rolls” de la broderie. C’est un achat que j’ai pu faire grâce à Initiative Ouest Provence, et honnêtement, c’est le meilleur investissement que j’aie réalisé : elle a été très vite amortie. À terme, j’aimerais en acheter une deuxième et pouvoir réaliser des broderies plus grandes, au-delà de 20 cm.
Le DTF (marquage à chaud nouvelle génération) est une seconde technique. C’est un marquage plus fin et un rendu plus qualitatif qu’un flocage classique. Le matériel, notamment la presse, représente un investissement important (une machine coûte environ 4 000 €), mais j’ai eu la chance de pouvoir en obtenir une directement chez le fabricant pour 1 200 €. Une très bonne affaire !
Enfin, la dernière technique est la sublimation, où l’on infuse de l’encre directement dans le tissu. C’est idéal pour les maillots sportifs, par exemple. Pour cette partie, je travaille avec un partenaire basé au Portugal.
Vous avez aussi créé votre propre marque de vêtements ?
Oui. Pour les particuliers, j’ai créé la marque Balec Unlimited, lancée en 2018. C’est un style plutôt urbain que je vends via mon site e-commerce. Je propose notamment des casquettes, bobs, t-shirts, chaussettes et sweats.
Tout comme pour les professionnels, pour les particuliers, je peux aussi répondre à des commandes personnalisées (avec un minimum de commande). Cela peut aller du petit objet (porte-clés, pins, cendriers, portefeuilles…) jusqu’à des projets plus importants comme de l’habillage mural.

Qui sont vos fournisseurs ?
J’essaie autant que possible de travailler en Europe, notamment au Portugal. On peut avoir une vraie qualité, tout en restant très compétitif.
Il y a une idée reçue selon laquelle “c’est forcément moins cher en Chine”, mais ce n’est pas vrai : avec le transport, les délais et certains coûts cachés, ça revient souvent plus cher, ou en tout cas pas plus avantageux.
Vous avez développé une boutique en ligne. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Oui, c’est b-sports.fr. J’y vend les produits de la marque Balec Unlimited et je propose aussi des boutiques personnalisées pour les clubs de sport. C’est un vrai avantage pour eux : les adhérents et supporters peuvent acheter les produits en ligne. Ensuite, je produis à la commande.
Résultat : pas de stock à gérer, pas de perte, et une solution simple pour les clubs. Par exemple, pour le club de handball de Mallemort, la boutique est très complète : sweats, survêtements, gourdes, sac à dos, pantalons, casquettes, t-shirts, shorts d’entraînement…

Même avec un e-commerce, votre showroom reste indispensable ?
Absolument. J’aime faire venir les clients et prospects sur place : ça leur permet de voir concrètement tout ce que je peux faire, de toucher des échantillons, et de mieux se projeter.
Ce local représente un vrai cap : au début j’ai commencé dans mon garage, ensuite j’ai eu un petit local, puis un plus grand (avec un loyer bien trop cher), et aujourd’hui je suis installé ici, à Entressen. Je m’y sens très bien !
Ce showroom c’est aussi mon atelier. J’aime montrer à mes clients ma façon de travailler et mes machines. C’est important pour justifier la qualité de mon travail.
Quels sont vos objectifs pour la suite ?
J’ai plusieurs idées en tête. J’aimerais notamment développer une partie autour de l’IA, surtout sur le plan graphique. Je me suis amusé à le faire pour mon entreprise en transformant mon logo en mascotte virtuelle que j’anime grâce à l’IA. Je peux proposer ce type de service à mes clients.
J’aimerais aussi proposer davantage de services autour de la communication et du digital, parce que c’est un domaine que je maîtrise bien en tant que webmaster.
Enfin, j’ai envie de transmettre : à terme, j’aimerais former sur des sujets comme l’IA (le prompt), le design graphique, la communication, le développement commercial… tout ce que j’ai appris sur le terrain, j’aimerais pouvoir le partager.

Un conseil à donner à quelqu’un qui veut se lancer dans l’entrepreneuriat ?
Je dirais : ne rien lâcher. L’entrepreneuriat, c’est dur. Il ne faut pas s’imaginer qu’on va se verser un salaire immédiatement.
Il faut aussi faire très attention à ses prix, bien calculer ses marges, et surtout être bien entouré, notamment sur la partie comptable.
Et s’il y a un point à comprendre absolument dès le départ, c’est la TVA. Beaucoup d’entrepreneurs se font avoir parce qu’ils ne maîtrisent pas bien son fonctionnement. Une formation obligatoire sur la TVA au démarrage serait vraiment utile…
Enfin, je pense aussi qu’il faut apprendre par soi-même : écouter les autres, oui… mais surtout faire ses propres expériences, rester dans sa ligne de conduite, et s’entourer de bons partenaires.
2R Creation
65 avenue de la Crau – Entressen
07 82 71 04 24









