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À 40 ans, Cyril Soriano a décidé de renouer avec l’entrepreneuriat en lançant Le 61.8, un food truck installé au cœur de la zone logistique Clésud, à Miramas. Après une première expérience entrepreneuriale difficile dans le commerce de fruits et légumes, puis plusieurs années de salariat, il a choisi de se lancer à nouveau, fort de ses expériences et d’une maturité nouvelle. Aujourd’hui, il propose une restauration rapide, simple et généreuse, privilégiant les produits frais et le fait maison. Une nouvelle aventure dans laquelle il retrouve ce qui l’a toujours animé : le goût du commerce, le contact avec les clients et le plaisir d’entreprendre.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel avant la création du food truck Le 61.8 ?

J’ai toujours travaillé dans le commerce, principalement dans le secteur des fruits et légumes. J’ai d’ailleurs connu une première expérience entrepreneuriale assez jeune, en ouvrant un commerce de primeur à Fos-sur-Mer, que j’ai tenu pendant trois ans et demi.

Malheureusement, une grande franchise s’est installée juste à côté de mon magasin et je n’ai pas réussi à faire face à cette concurrence. J’étais jeune, je manquais d’expérience, notamment en gestion, et j’ai finalement dû liquider mon entreprise.

À la suite de cette expérience, je suis retourné dans le salariat en tant que responsable d’un magasin de fruits et légumes. J’ai intégré une belle entreprise avec de nombreux salariés. J’y suis resté trois ans et j’ai énormément appris, notamment en matière de management et de gestion d’équipe. Mais cette expérience s’est terminée par un burn-out. C’était devenu trop lourd pour moi.

J’ai ensuite repris une activité professionnelle dans les espaces verts, puis je suis revenu à mon domaine de prédilection en tant que chef de rayon fruits et légumes.

Après cette première expérience entrepreneuriale, qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer à nouveau ?

Je crois que j’ai toujours eu cette fibre entrepreneuriale en moi. J’aime le commerce, le contact avec les clients, le fait de gérer une activité et de relever des défis.

Avec le temps, je ne me retrouvais plus vraiment dans le monde du salariat. J’avais besoin de retrouver mon indépendance, de prendre mes propres décisions et de construire quelque chose qui me ressemble.

Et surtout, avec le recul, je me suis rendu compte que mon premier échec entrepreneurial s’était finalement transformé en expérience. Sur le moment, je l’ai très mal vécu, mais aujourd’hui, je sais que cette épreuve m’a beaucoup appris.

Il y a aussi la maturité qui entre en jeu. J’ai connu l’entrepreneuriat très jeune, et aujourd’hui, à 40 ans, je n'aborde plus du tout les choses de la même manière. J’ai davantage de recul, je connais mieux mes forces et mes faiblesses et je sais surtout me remettre en question.

Finalement, toutes ces expériences m’ont permis de me sentir beaucoup plus solide pour me relancer. Aujourd’hui, je me sens bien dans ce que je fais !

Présentez-nous votre food truck Le 61.8. Quel est votre concept ?

Le 61.8, c’est un food truck de restauration rapide installé dans la zone logistique Clésud, à Miramas. Je propose une cuisine simple, généreuse, sans chichi, avec un maximum de produits frais.

À la carte, on retrouve des burgers, des sandwichs, des paninis, des tenders, mais aussi des frites maison. Et les frites, justement, c’est vraiment ce qui fait la différence ! Je passe entre une heure et demie et deux heures à les préparer, entre la découpe et la précuisson. C’est beaucoup de travail, mais les clients reviennent spécialement pour elles !

Je travaille également avec des produits frais et je prépare mes produits à la commande. L’idée, c’est de proposer une restauration rapide tout en conservant une vraie qualité dans l’assiette. C’est ce qui me démarque, même si cela demande davantage d’organisation et de préparation.

Pourquoi avoir choisi de vous installer dans la zone Clésud à Miramas ?

C’est une zone qui regroupe énormément de salariés, notamment dans le secteur de la logistique, mais aussi des chauffeurs routiers et des prestataires extérieurs.

En étudiant le marché, j’ai été surpris de constater qu’il y avait finalement assez peu de solutions de restauration sur place. Pour les salariés, sortir de la zone pour aller déjeuner à Miramas n’est pas toujours évident, et c’est encore plus compliqué pour les chauffeurs routiers.

J’ai donc vu une véritable opportunité de proposer une offre de restauration directement sur leur lieu de travail.

En revanche, obtenir cet emplacement n’a pas été simple. Il a fallu passer par plusieurs étapes administratives et attendre huit mois avant de pouvoir signer le bail. C’était assez long et parfois stressant. Mais aujourd’hui, je suis content de mon implantation. Je sens qu’il y a un vrai potentiel et que la clientèle répond présente.

Quel type de clientèle accueillez-vous au quotidien ?

J’ai une clientèle assez différente de celle que j’ai connue dans mes précédentes expériences professionnelles, mais elle me correspond parfaitement. Ici les clients viennent chercher quelque chose de simple et de bon. Finalement, c’est exactement l’esprit de ma cuisine !

Le service peut commencer dès 10 heures selon les jours, notamment avec les chauffeurs routiers ou les salariés qui terminent tôt. Ensuite, il y a le gros rush du midi, avec des personnes qui ont peu de temps pour déjeuner avant de reprendre le travail.

L'activité est assez variable d'un jour à l'autre. On peut avoir un lundi beaucoup plus chargé qu'un vendredi, par exemple. Cela rend la gestion des stocks particulièrement délicate, surtout lorsqu’on travaille essentiellement avec des produits frais. Mais petit à petit, je construis une clientèle fidèle, et c’est très encourageant.

Quels sont les produits qui rencontrent le plus de succès ?

Le sandwich américain est l’un de mes plus gros succès. Ce qui est amusant, c’est qu’au départ, il ne figurait même pas sur ma carte !

Ce sont les clients qui me l’ont demandé. À force d’entendre cette demande, j’ai décidé de l’ajouter, et aujourd’hui, c’est devenu un incontournable.

C’est d’ailleurs un très bon exemple de ce qui a changé chez moi avec l’expérience. À 20 ans, je pense que je n’aurais pas forcément écouté ma clientèle. J’aurais probablement voulu imposer mes propres choix. Aujourd’hui, je suis beaucoup plus attentif aux attentes des clients et je n’hésite pas à adapter mon offre.

Pour moi, savoir écouter ses clients et se remettre en question, c’est essentiel dans le commerce.

Vous accordez également beaucoup d’importance à la présentation de vos produits. Pourquoi ?

C’est quelque chose que j’ai appris au fil de mes différentes expériences professionnelles : il faut savoir théâtraliser son espace de vente.

Que l’on soit dans une boutique traditionnelle ou dans un food truck, la présentation des produits joue un rôle très important.

Par exemple, au départ, mes tenders ne se vendaient pas très bien. J’ai alors décidé d’en faire cuire et de les présenter dans une box, directement dans la vitrine. Les clients pouvaient voir le produit, et les ventes ont commencé à décoller naturellement.

Ce sont parfois de petits détails, mais ils peuvent faire une grande différence. Je l’ai aussi constaté en changeant simplement l’orientation de mon camion. Initialement, il était positionné face au rond-point, mais je l’ai déplacé à cause du vent. Finalement, ce changement l’a rendu beaucoup plus visible et j’ai constaté une nette augmentation de la fréquentation.

C’est assez incroyable de voir à quel point un simple ajustement peut avoir un impact sur l’activité !

Aujourd’hui vous cherchez à recruter ?

Oui, un petit contrat de 10 heures par semaine. Ma principale difficulté, c’est de gérer seul l’ensemble de l’activité.

Je dois préparer les produits, prendre les commandes, cuisiner, encaisser, répondre au téléphone et servir les clients. Pendant le rush du midi, cela devient parfois très compliqué.

Comme je prépare quasiment tout à la minute et que les clients peuvent personnaliser leurs commandes, je ne peux pas vraiment prendre beaucoup d’avance. Cela peut entraîner de l’attente, et les clients n’ont pas le temps.

Quels sont vos autres projets pour développer Le 61.8 ?

Ma priorité, c’est de pouvoir recruter une personne pour m’aider pendant le service du midi.

Je réfléchis également à la mise en place d’un système de précommande, notamment pour mes clients fidèles. Cela me permettrait de mieux anticiper les préparations et de fluidifier le service.

À plus long terme, j’aimerais aussi développer une activité événementielle le week-end. L’idée n’est pas de travailler tous les week-ends, mais de participer ponctuellement à des événements importants. Ce serait une bonne manière de diversifier mon activité et de développer mon chiffre d’affaires.

Avec le recul, quel regard portez-vous sur votre parcours entrepreneurial ?

Je me rends compte que toutes mes expériences, même les plus difficiles, m’ont apporté quelque chose.

Ma première entreprise m’a appris à gérer l’échec. Mes années dans le salariat m’ont permis d’acquérir des compétences en management, en gestion et en techniques de vente.

Aujourd’hui, je réutilise tout ce que j’ai appris, mais avec une approche différente. Je suis plus à l’écoute, plus adaptable et je prends davantage de recul.

Je pense que c’est aussi ce qui fait la différence entre ma première expérience entrepreneuriale et celle que je vis actuellement.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Je pense qu’il faut avoir ça dans le sang ! Il faut être passionné par ce que l’on fait, aimer les défis et avoir envie de se dépasser.

Mais il faut aussi savoir se remettre en question. On ne peut pas toujours avoir raison, et il est important d’écouter les autres, notamment ses clients.

Et surtout, il faut apprendre à rebondir. Dans l’entrepreneuriat, il y a des jours, parfois même des semaines, où le chiffre d’affaires n’est pas au rendez-vous. Il ne faut pas se décourager pour autant. Il faut rester motivé, être tenace et continuer à avancer. C’est aussi ça, être entrepreneur !

Coordonnées

Le 61.8 – Food truck

06 65 62 88 97

Zone logistique Clésud – Avenue Marco Polo - Miramas

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